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Emirats Arabes Unis – Afrique : Investir, transformer, former, la nouvelle équation de partenariat agricole.

Pendant des décennies, l’agriculture africaine a payé le prix de modèles extractifs conçus ailleurs, pour d’autres. Prédations financières, accaparement de terres arables, cultures exportées sans retombées locales : le continent, pourtant doté de ressources immenses, est resté prisonnier d’une dépendance alimentaire chronique, tandis que ses paysans voyaient leur destin décidé loin de leurs champs.

Ces pratiques, héritées de logiques néocoloniales, appartiennent désormais au passé. Face à elles, les Émirats arabes unis imposent une rupture stratégique majeure. La vision déployée par Abou Dhabi substitue au pillage foncier un modèle d’investissement technologique, fondé sur la transformation sur place et le partage de compétences.

La différence est de taille. Là où l’ancien modèle repartait avec la récolte brute, la nouvelle approche cherche à garder la valeur ajoutée sur le continent. Transformer sur place, c’est créer des emplois, stabiliser les revenus des producteurs, réduire les pertes après récolte et rapprocher les produits des marchés locaux. C’est aussi bâtir des chaînes de valeur durables, où l’agriculteur n’est plus un simple fournisseur de matières premières mais un acteur à part entière de l’économie.

Le volet technologique est tout aussi décisif. Irrigation économe en eau, semences adaptées au climat, mécanisation, agriculture de précision, outils numériques : ces savoir-faire, éprouvés dans les conditions arides des Émirats, trouvent en Afrique un terrain d’application naturel. Mais l’essentiel réside dans leur transmission. Former les techniciens, accompagner les coopératives, renforcer les capacités locales : le partage de compétences transforme un investissement ponctuel en autonomie durable.

Cette orientation répond à une aspiration profonde des peuples africains, qui revendiquent des partenariats d’égal à égal, respectueux de leur souveraineté et de leurs priorités. Elle rejoint le message porté par de nombreux dirigeants du continent : la souveraineté alimentaire n’est pas un slogan, mais la condition de la dignité et de la stabilité des nations. Un peuple qui se nourrit par son propre travail ne se laisse pas dicter sa conduite.

La réussite se mesurera sur le terrain, à l’aune des récoltes, des usines installées, des emplois créés et des compétences transmises. Mais la direction est claire : tourner la page d’un passé révolu. En choisissant la technologie, la transformation locale et la formation plutôt que l’accaparement, Abou Dhabi ouvre une voie que d’autres partenaires gagneraient à suivre : celle d’une coopération où l’Afrique n’est plus spoliée, mais actrice de sa prospérité.

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