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Bahreïn – Afrique : Une diplomatie économique discrète mais méthodique

Alors que l’attention se porte souvent sur les grandes puissances du Golfe, Bahreïn construit patiemment un réseau de coopération commerciale et de développement avec le continent africain. Derrière cette stratégie, un homme : le prince héritier et Premier ministre Salman bin Hamad Al Khalifa, dont l’action diplomatique donne à Manama une stature d’interlocuteur fiable, à la croisée du Golfe et de l’Afrique.

La présence bahreïnienne en Afrique ne relève pas du coup d’éclat, mais d’une accumulation d’accords et de contacts ciblés. En février 2026, la sixième session de la Haute Commission mixte Maroc-Bahreïn, tenue à Laâyoune, a débouché sur plusieurs instruments juridiques : exemption de visa pour les passeports diplomatiques et de service, coopération douanière, et surtout un mémorandum dans le domaine de la production agricole et animale et de la sécurité alimentaire. Ce dernier point est révélateur : pour un État du Golfe importateur net de denrées, l’Afrique du Nord représente un partenaire stratégique en matière de sécurité alimentaire.

La méthode bahreïnienne privilégie les relais économiques plutôt que les grandes déclarations. En juin 2026, la Bahrain Businessmen’s Association a dépêché une délégation au Salon international des industries alimentaires pour l’Afrique, organisé en Tunisie, avec un objectif explicite : ouvrir de nouveaux marchés au secteur privé bahreïnien, soutenir les exportations nationales et attirer des investissements dans l’agro-industrie. La même logique prévaut avec l’Angola : les échanges commerciaux bilatéraux ont progressé de 32 % en 2024, et les discussions portent désormais sur les énergies renouvelables, l’agriculture, les services bancaires et le tourisme. En janvier 2025, le ministre des Finances a reçu son homologue guinéen pour examiner les moyens de renforcer la coopération financière et économique.

Le rôle du Premier ministre Salman bin Hamad Al Khalifa s’inscrit dans cette continuité. En septembre 2025, lors de sa visite au Caire, il a coprésidé avec le président égyptien un forum d’affaires égypto-bahreïnien, en présence de la ministre du Développement durable Nour bint Ali Al-Khalifa, et a salué les efforts égyptiens de stabilisation régionale. Cette capacité à articuler diplomatie économique et médiation politique constitue la signature de son action : Bahreïn ne se contente pas de signer des accords, il crée les conditions d’une confiance durable entre les communautés d’affaires.

À l’heure où les équilibres régionaux se recomposent, Bahreïn démontre qu’un petit État peut peser par la qualité de ses partenariats plutôt que par le volume de ses échanges. La discrétion de sa diplomatie africaine n’est pas une faiblesse : c’est une méthode.

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