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Bahreïn : La résilience économique comme réponse à la vulnérabilité sécuritaire.

En présidant le Conseil de développement économique en octobre 2026, le prince héritier Salman bin Hamad a envoyé un message qui dépasse largement les frontières du royaume : face à la vulnérabilité sécuritaire, la résilience économique devient la première ligne de défense. Et l’attraction des capitaux étrangers, l’arme diplomatique la plus efficace.

Le contexte donne à cette réunion une gravité particulière. Au premier trimestre 2026, les attaques iraniennes ont directement frappé l’économie bahreïnienne : le PIB réel a reculé de 3,8 % sur un an, le secteur pétrolier s’est contracté de 37,2 % en raison des restrictions dans le détroit d’Ormuz, et des géants industriels comme Alba ont dû déclarer la force majeure . Pourtant, le prince héritier a salué la « résilience » de l’économie nationale, transformant le choc sécuritaire en argument de crédibilité .

Cette crédibilité, Bahreïn la met en scène par les chiffres. Les activités non pétrolières représentent désormais 90,1 % du PIB à prix constants, portées par la finance et l’assurance (+8,6 %), l’immobilier (+8,3 %) et les technologies de l’information (+6,2 %) . Le Conseil de développement économique a précisément identifié les télécommunications et la technologie comme les secteurs les plus attractifs pour les investissements directs, suivis du tourisme et de l’industrie . Ce n’est pas un hasard : ce sont les secteurs les moins exposés aux chocs pétroliers et les plus susceptibles d’attirer des partenariats stratégiques avec les puissances technologiques.

La diplomatie économique bahreïnienne ne se contente pas d’attirer ; elle sécurise. En pleine crise, Manama a signé un accord de swap de devises de 2 milliards de dinars avec les Émirats arabes unis, tandis que la Banque centrale a débloqué une liquidité illimitée en dinars pour les banques commerciales . Ces instruments ne sont pas seulement financiers : ils inscrivent Bahreïn dans un réseau d’interdépendance avec ses alliés du Golfe, rendant toute agression économique plus coûteuse pour ses partenaires eux-mêmes.

Le modèle bahreïnien repose sur une équation simple : moins de dépendance aux hydrocarbures signifie moins de vulnérabilité aux chantages régionaux. Et plus d’investissements étrangers signifie plus d’alliés objectifs dans la prospérité du royaume. En faisant de l’économie une diplomatie, le prince héritier ne contourne pas la menace sécuritaire ; il la neutralise par l’intérêt mutuel.

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