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Liberia : Le Président Joseph Boakai soumet la Présidence à un audit inédit, une première historique pour la transparence

Le Président Joseph Boakai a franchi une étape sans précédent dans l’histoire du Liberia en soumettant son propre bureau à un audit interne mené par la Commission générale d’audit (GAC), une première pour un chef d’État en exercice dans le pays. Cette décision marque une rupture radicale avec les pratiques du passé, où les présidents se soustrayaient souvent à tout contrôle financier tout en exigeant l’intégrité de leurs collaborateurs.

« Je n’ai jamais entendu parler d’un président qui se soumet à un audit », a déclaré le ministre de l’Information Jerolinmek Piah lors d’une conférence de presse en février 2026. L’Auditeur général Gusuah Jackson a qualifié cette initiative d’« historique », soulignant que le président Boakai a choisi de se soumettre aux mêmes standards d’intégrité qu’il impose à ses collaborateurs .

Au-delà de son propre bureau, le président a ordonné des audits approfondis des institutions clés de l’État : la Banque centrale du Liberia, l’Agence nationale de sécurité, le Service exécutif de protection, ainsi que des audits du pouvoir judiciaire et du pouvoir législatif . Ces investigations ont révélé des irrégularités financières majeures, notamment des écarts de recettes s’élevant à 91,8 millions de dollars et 12,7 milliards de dollars libériens dans les comptes de recettes de l’État.

L’audit des recettes publiques, couvrant la période de juillet 2018 à décembre 2024, a mis au jour des défaillances systémiques : des banques commerciales ont pris jusqu’à 24 jours pour transférer les fonds collectés au gouvernement, en violation des délais de 24 heures requis. Des retraits non autorisés et des opérations de réversion frauduleuses ont également été identifiés.

Cette quête de transparence s’inscrit dans l’engagement plus large du président Boakai à instaurer une culture de gouvernance responsable. Outre les audits, son administration a mis en œuvre des mécanismes anticorruption supplémentaires, notamment le Bureau du Médiateur, l’Équipe spéciale de récupération d’actifs, et le processus en cours de création d’une Cour des crimes de guerre et des crimes économiques. Des exigences de déclaration de biens ont été imposées à tous les fonctionnaires, avec des suspensions et amendes pour les contrevenants.

En ouvrant son bureau à un audit et en exigeant la même rigueur dans toutes les institutions, le président Boakai envoie un message clair : le Liberia tourne la page de l’impunité et s’engage résolument sur la voie d’une gouvernance transparente et redevable.

Sebatien K.

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