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Ghana : Le pari de la 4G en milieu rural, entre infrastructures et capacités d’usage

Le Ghana s’engage dans une vaste modernisation de ses infrastructures de télécommunications. Le gouvernement a annoncé son intention de mettre à niveau tous les sites de télécommunications en milieu rural pour les rendre compatibles avec la 4G, alors que les réseaux 2G et 3G ne sont plus adaptés à l’ère de la 5G et de la 6G . L’initiative, révélée par le ministre des Communications, Samuel Nartey George, vise à améliorer l’accès au haut débit dans les zones encore mal desservies, où 41 % de la population vit en milieu rural selon la Banque mondiale.

Cette montée en gamme technologique soulève toutefois une question cruciale : les populations rurales pourront-elles réellement utiliser ces services une fois disponibles ? Le coût d’accès reste la première barrière. Selon la GSMA, le prix médian d’un smartphone d’entrée de gamme en Afrique subsaharienne était de 39 dollars en 2024, représentant 26 % du revenu moyen. Ce ratio atteint 64 % pour les 40 % les plus pauvres et 87 % pour les 20 % les plus pauvres. Le coût des services est également un frein : l’UIT estime que 5 Go d’Internet mobile représentaient 3,06 % du revenu national brut par habitant au Ghana en 2025, un chiffre encore supérieur au seuil de 2 % fixé pour un service abordable.

Au-delà de l’accès financier, l’adoption de l’Internet mobile dépend aussi des compétences numériques. Dans les zones rurales, les écarts en la matière peuvent limiter l’utilisation effective d’une connexion, même lorsque les infrastructures sont disponibles. La nature des services proposés compte également : l’Internet prend davantage de valeur lorsque les populations peuvent l’utiliser pour des besoins concrets dans l’éducation, la santé, le commerce ou les services financiers.

Le développement de contenus adaptés aux réalités locales peut ainsi contribuer à transformer la couverture réseau en usages réguliers. La perception de l’utilité d’Internet et la qualité des services débits suffisants, couverture stable, absence de coupures fréquentes influencent également l’adoption. En misant sur la modernisation des infrastructures, le Ghana fait un pas important. Mais pour que cette initiative profite pleinement aux zones rurales, elle devra s’accompagner de politiques visant à rendre les appareils et les services plus abordables, tout en renforçant les compétences numériques et en développant des contenus adaptés aux besoins locaux.

Kwami H.

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