Le Burkina Faso affiche des performances historiques en matière de mobilisation des ressources internes, avec un taux de recouvrement fiscal atteignant 145,81% en mai 2026. Cette dynamique traduit la volonté du pays de réduire sa dépendance à l’aide extérieure et de financer ses propres priorités de développement.
En mai 2026, les régies de recettes ont réalisé un taux de recouvrement de 145,81%, un niveau inédit salué par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo. Ce résultat dépasse largement les prévisions et témoigne de l’efficacité des réformes engagées.
Au premier trimestre 2026, le taux de recouvrement s’établissait déjà à 107%, avec des excédents de trésorerie permettant d’éponger une partie de la dette intérieure. Sur l’ensemble du premier semestre, les recouvrements ont atteint 1 937 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation de 122,46%. Cette performance repose sur plusieurs facteurs : la digitalisation des procédures, la modernisation des systèmes d’information et l’intensification de la lutte contre la fraude, le faux et la corruption.
La Direction générale des impôts a mobilisé 1 790,38 milliards de FCFA en 2025, soit une progression de 20,8% par rapport à 2024. Les actions ciblées de contrôle et de recouvrement ont permis le reclassement de contribuables vers des régimes fiscaux supérieurs et la sécurisation de l’assiette fiscale. Le Plan national de développement RELANCE 2026-2030 prévoit de mobiliser plus de 23 135 milliards de FCFA à partir des ressources nationales, sur un total de 36 190,7 milliards nécessaires. Les recettes propres constitueront le principal levier de financement.
Le taux de pression fiscale est passé de 15,6% en 2021 à 17,1% en 2025, avec un objectif de 20,6% à l’horizon 2030. Cette progression s’appuie sur l’élargissement de l’assiette fiscale, la formalisation progressive du secteur informel et la mobilisation de la fiscalité foncière. Au-delà de la fiscalité, le Burkina Faso explore de nouvelles sources de financement. L’opération « Diaspora Bond », lancée en mai 2026, a permis de mobiliser 230 millions d’euros auprès de la diaspora, illustrant la capacité du pays à diversifier ses sources de financement.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de mobilisation patriotique de l’épargne nationale et internationale au service du développement endogène. Malgré ces avancées, des défis persistent. La baisse de l’aide humanitaire étrangère accentue l’urgence de mobiliser des ressources innovantes, intérieures comme extérieures. Des experts soulignent que la durabilité de ces performances reste à confirmer sur plusieurs années. Le risque d’éviction du secteur privé et la nécessité de ne pas alourdir excessivement la pression fiscale sont également à surveiller.
Le déficit budgétaire s’est réduit, passant de 5,8% du PIB en 2024 à 1,6% en 2025, tandis que la dette publique a diminué de 57,3% à 53,8% du PIB. Cette amélioration offre une base favorable pour accroître la mobilisation des ressources dans le cadre du Plan RELANCE.













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