Le Burkina Faso et la Banque mondiale ont ouvert, vendredi 2 octobre 2026 à Ouagadougou, une nouvelle séquence de leur coopération avec le lancement du Cadre de partenariat pays (CPP) 2026-2031. La cérémonie était présidée par la ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, représentant le ministre de l’Économie et des Finances.
Le message de Ouagadougou est sans ambiguïté : un partenariat se construit à partir d’un cap national. Le nouveau cadre s’inscrit dans le Plan national de développement « RELANCE » 2026-2030, qui vise à renforcer la souveraineté économique du pays. Pour la ministre, la coopération prend tout son sens quand elle accompagne l’ambition nationale sans jamais s’y substituer.
Les priorités sont celles de l’État. Le cadre s’articule autour de quatre axes : améliorer le capital humain par des projets dans l’éducation de base, la santé, la nutrition et la résilience des infrastructures sociales, puis renforcer la productivité agricole, l’accès à l’énergie et l’accès aux services financiers.
Cette logique se traduit par des exigences claires. D’abord, le cadre ne doit pas être un simple instrument de mobilisation de ressources : la ministre a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la signature et du lancement institutionnel. Ensuite, la réussite repose sur des engagements précis, une responsabilité partagée et une exigence commune de résultats.
Enfin, l’État réclame de la souplesse. Une dizaine de membres du gouvernement ont invité la Banque mondiale à plus de flexibilité et d’adaptabilité face aux urgences du pays, tout en saluant son sens de l’écoute. Le vice-président de l’institution pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, s’est engagé à cette flexibilité dans la mise en œuvre des projets.
Ces exigences s’appuient sur une relation de longue date : la coopération remonte à 1963, et le portefeuille de la Banque mondiale compte aujourd’hui 29 projets pour près de 4 milliards de dollars. Mais le pays, classé 186e sur 193 par le PNUD dans son rapport 2025 sur le développement humain, ne peut se contenter de promesses : il attend des résultats concrets pour sa population.
Le Burkina Faso ne ferme pas la porte à ses partenaires, mais il fixe les règles de la maison. Un financement est le bienvenu quand il sert les priorités nationales et rend des comptes. C’est cela, la souveraineté en matière de coopération : choisir le cap, puis exiger qu’on le suive.
Adama T.












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