En ce mois de septembre 2026, Louis Watum Kabamba, ministre des Mines de la République démocratique du Congo, affichait clairement l’objectif de l’exécutif : séduire de nouveaux capitaux afin de mettre en chantier de nouvelles exploitations aurifères industrielles. L’enjeu ? Diversifier une filière aujourd’hui largement dominée par le complexe de Kibali.
Vendredi 4 septembre, le ministre a reçu une délégation de la Société de Kilo-Moto (SOKIMO SA) pour faire le point sur le projet aurifère de Mongbwalu. Ce dossier est mené dans le cadre d’une coentreprise entre la société publique congolaise et Horizon Corporation, un acteur minier également présent en Zambie et en Namibie. Ce partenariat reflète les recompositions en cours dans le secteur aurifère congolais, dans un contexte de hausse des cours de l’or depuis l’an dernier et d’arrivée de nouveaux investisseurs.
Considéré comme un ancien actif d’AngloGold Ashanti, le site de Mongbwalu dispose d’une estimation historique de 2,9 millions d’onces de ressources minérales. Horizon Corporation entend mettre en valeur ce potentiel en mobilisant, via sa filiale Shari Minerals, ses ressources et son savoir-faire dans le développement minier, en association avec la SOKIMO. Les deux parties ont officialisé leur alliance en mars 2026. Selon Horizon Corporation, les travaux de construction ont depuis débuté sur le site, avec pour objectif une entrée en production à la mi-2027. Ni le montant de l’investissement requis, ni la capacité de production de la future mine, ni la structure de la coentreprise n’ont toutefois été divulgués.
Dans le même temps, DRC Gold, société minière cotée à la Canadian Securities Exchange (CSE), a annoncé la semaine dernière un accord susceptible de lui permettre de racheter 55% des parts du projet Giro. Situé, comme Mongbwalu, dans la ceinture de roches vertes de Kilo-Moto, celui-ci renferme 4,1 millions d’onces de ressources minérales sur son gisement de Kebigada. Un peu plus tôt, le dimanche 30 août, Avanti Gold faisait part de son côté du lancement d’une levée de fonds visant à mobiliser 45 millions de dollars canadiens (32 millions USD) pour financer les études techniques destinées à établir les premiers indicateurs économiques d’une mine sur son projet Misisi. L’actif recèle actuellement 3,11 millions d’onces de ressources minérales et fait l’objet d’un programme d’exploration de 42 000 mètres destiné à en renforcer le potentiel.
Parallèlement, d’autres projets suscitent l’attention, à l’image d’Adumbi. Ce projet, qui affiche un potentiel de 3,66 millions d’onces de ressources minérales, est désormais contrôlé par le chinois Chengtun Mining, après le rachat de Loncor Gold, son ancien opérateur, pour environ 267 millions de dollars canadiens.
Pour la République démocratique du Congo, dont le potentiel minier reste largement associé au cuivre et au cobalt, ces développements mettent en lumière une filière aurifère en quête de sang neuf. En septembre 2025, le ministre Kabamba indiquait ainsi, dans une interview accordée à Bloomberg, que le gouvernement ambitionnait de conclure des accords pour développer de nouvelles mines industrielles d’or. L’objectif est de renforcer une filière qui contribue déjà aux recettes d’exportation, avec 2,28 milliards USD générés en 2025, mais qui reste largement portée par la mine Kibali.
En 2025, le secteur a enregistré une production de 28,2 tonnes d’or, dont 25,58 tonnes provenaient de ce complexe aurifère opéré par Barrick Mining, selon les données officielles. Le reste de la production était réparti entre MCC Resources qui opère dans la province de l’Ituri, la SOKIMO, la société chinoise Kimia Mining Investment et les exploitations artisanales. La concrétisation de projets comme Mongbwalu ou Giro, pour lesquels DRC Gold ambitionne de faire passer le projet « au stade de la production le plus rapidement possible », pourrait ainsi contribuer à réduire cette concentration de la production industrielle.













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