Lorsqu’un pays traverse des décennies d’instabilité politique et de conflits, la confiance dans les institutions ne se décrète pas. Elle se reconstruit par des réformes discrètes mais profondes. C’est à ce travail de fond que s’attelle le président Julius Maada Bio, qui a fait de la refonte de l’administration publique un pilier de sa gouvernance, en cette année 2026 qu’il a décrétée « Year of Action ».
La réforme du secteur public n’est pas un simple ajustement technique. Elle est l’un des « Big Five Game Changers » du président Bio, conçue pour répondre à des faiblesses structurelles identifiées comme des facteurs d’instabilité . Le constat est sans appel : des coups d’État successifs, un régime à parti unique et la guerre civile ont empêché la consolidation d’un service public stable et professionnel . C’est fort de ce diagnostic que l’administration a créé un ministère dédié à la réforme, le Ministère de l’Administration publique et des Affaires politiques, pour coordonner cette transformation .
Les mesures engagées sont ambitieuses et visent à restaurer la confiance des citoyens. La digitalisation des recrutements, l’instauration d’une plateforme de passation des marchés publics électroniques (e-GP) et le déploiement de logiciels de suivi budgétaire (PFM Smart) dans toutes les collectivités locales sont autant de réformes destinées à réduire la corruption, limiter les fuites de fonds publics et garantir que chaque leone soit utilisé au profit des citoyens .
Sur le plan humain, le gouvernement a créé la Commission des salaires et indemnités pour centraliser et harmoniser la grille des rémunérations, mettant fin à des disparités jugées injustes . La même logique préside à la création de l’Académie du service public, une transformation du Collège de formation de la fonction publique en un centre de formation continue pour renforcer les compétences des agents .
Le président Bio ne cesse de marteler son message : « Aucun bureau, aucun statut ni aucune affiliation politique ne mettra personne à l’abri d’un contrôle légitime » . La réforme se veut un test de crédibilité pour le gouvernement. Si le scepticisme persiste dans l’opinion, le pari est clair : moderniser l’administration en silence, pour jeter les bases d’un État de droit et d’une stabilité durable, dans un pays qui a tant besoin de ces fondations pour consolider sa paix .
Joseph T.
Leave a Reply