Le Mozambique s’engage dans une réforme historique de sa gouvernance territoriale. Le 24 avril 2026, le Parlement a approuvé à l’unanimité avec le soutien du Frelimo, de la Renamo, du Podemos et du MDM une révision en profondeur de la loi sur la décentralisation, marquant un rare consensus politique sur une réforme sensible .
Cette réforme met fin à un système complexe instauré en 2018, caractérisé par deux couches de pouvoir provincial superposées : le gouvernement provincial dirigé par un gouverneur élu, et le Conseil de représentation de l’État, composé de huit services provinciaux non élus . Cette architecture, critiquée dès son origine pour ses redondances et son inefficacité, doublait le travail des gouverneurs élus et alourdissait considérablement l’action publique .
Le président Daniel Chapo, en soumettant ce projet de loi, a tenu une promesse faite lors de son investiture en janvier 2025 : restructurer les organes provinciaux de l’État . La nouvelle architecture prévoit l’extinction du Conseil de représentation de l’État, dont les fonctions seront exercées par le gouvernement provincial . Le secrétaire d’État provincial, maintenu, aura désormais un rôle clarifié : coordonner et superviser les missions des organes centraux de l’État dans le cadre de la décentralisation .
L’impact financier de cette réforme est significatif. La simplification du maillage administratif permettra une économie annuelle estimée à plus de 1,25 milliard de meticais (environ 16,7 millions d’euros) . Ces ressources, libérées par la réduction des dépenses de fonctionnement, seront réorientées vers des secteurs prioritaires : éducation, santé, agriculture et protection sociale .
Au-delà des économies, l’ambition est politique et sociale. En clarifiant des structures administratives longtemps redondantes, le gouvernement entend rapprocher l’État des citoyens et offrir un accès plus direct aux services publics . Le président Chapo a souligné que cette réforme s’inscrit dans une vision de rationalisation des finances publiques, adaptée aux réalités d’un pays en développement, où l’optimisation des ressources est une nécessité .
Cette réforme, qui constitue un tournant majeur pour la gouvernance mozambicaine, illustre la volonté du président Chapo de bâtir une administration plus agile, plus transparente et véritablement centrée sur les besoins des Mozambicains .
Samuel A.













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